En bref
Une consigne de contenants réutilisables fonctionne ainsi : le client paie un dépôt (ou laisse une empreinte bancaire) avec son plat à emporter, puis récupère ce dépôt quand il rapporte le contenant, qui est lavé et remis en circulation. Le restaurateur peut gérer lui-même contenants et lavage, ou passer par un opérateur de réemploi qui fournit les contenants, l'application et parfois le lavage. Le règlement européen PPWR impose de proposer une option réemployable en vente à emporter à partir de 2028, sauf pour les microentreprises.
À retenir
- La consigne repose sur trois briques : un contenant durable, un dépôt incitatif et un circuit de retour et de lavage.
- Deux modèles dominent : la consigne payée à la caisse et la consigne dématérialisée par application avec empreinte bancaire.
- Tout client peut demander à être servi dans son propre contenant s'il est visiblement propre et adapté (article L120-2 du code de la consommation).
- Le PPWR impose d'accepter le contenant du client à partir de février 2027, puis de proposer une option réemployable à partir de février 2028, avec un objectif de 10 % en 2030.
- Les contenants réutilisables doivent être faciles à nettoyer et, si nécessaire, à désinfecter (règlement (CE) n° 852/2004).
- La rentabilité dépend du nombre de rotations, du taux de retour et du coût de lavage par cycle.
Consigne, réemploi, réutilisation : les définitions
Trois mots reviennent sans cesse et ne veulent pas dire la même chose :
- Le réemploi d'un emballage consiste à l'utiliser au moins une deuxième fois pour contenir un produit de même nature. C'est la définition retenue par l'Observatoire national du réemploi et de la réutilisation de l'ADEME.
- Un contenant réutilisable (ou réemployable) est conçu pour supporter de nombreux cycles d'usage et de lavage, contrairement à un emballage à usage unique.
- La consigne est le mécanisme qui incite au retour : le client verse une somme, ou autorise un blocage bancaire, qu'il récupère quand il rend le contenant.
La consigne n'est donc pas une matière ni un produit : c'est une organisation. Elle ne fonctionne que si le contenant, le montant du dépôt et le circuit de retour sont pensés ensemble.
Le sujet est encore marginal. Selon l'ADEME, seuls 1,82 % des emballages mis sur le marché en France étaient réemployés en 2024, tous types confondus. Mais le cadre réglementaire pousse fortement dans ce sens.
Ce que dit la réglementation
En France
| Texte | Ce qu'il prévoit | Qui est concerné |
|---|---|---|
| Loi AGEC (2020), vaisselle sur place | Vaisselle réemployable obligatoire pour les repas servis sur place depuis le 1er janvier 2023 | Établissements d'au moins 20 places |
| Article L120-2 du code de la consommation | Le client peut demander à être servi dans son propre contenant, s'il est visiblement propre et adapté | Tous les commerces de vente au détail |
| Décret n° 2022-507 | Proportion minimale d'emballages réemployés : jusqu'à 10 % en 2027, avec un calendrier selon le chiffre d'affaires | Producteurs mettant sur le marché au moins 10 000 unités de produits emballés par an |
Pour la vaisselle sur place, voir notre dossier vaisselle réutilisable obligatoire.
Bon à savoir : quand un client apporte son contenant, c'est lui qui est responsable de son hygiène et de son aptitude au contact alimentaire. Vous pouvez refuser un contenant visiblement sale ou inadapté. Un affichage doit informer les clients de ces conditions.
Au niveau européen : le règlement PPWR
Le règlement (UE) 2025/40 relatif aux emballages et aux déchets d'emballages, dit PPWR, s'applique depuis le 12 août 2026. Pour la vente à emporter de boissons et de plats préparés, il prévoit :
- à partir de février 2027 : permettre au client d'être servi dans son propre contenant, sans surcoût, et l'en informer (article 32) ;
- à partir de février 2028 : proposer une option de contenant réemployable relevant d'un système de réemploi, à des conditions non moins favorables que le jetable (article 33) ;
- à partir de 2030 : s'efforcer de proposer 10 % des produits dans un format réemployable.
Selon Citeo Pro, les microentreprises sont exemptées de ces obligations de réemploi. Le PPWR prévoit aussi, à partir de 2030, l'interdiction de certains emballages plastiques à usage unique pour la consommation sur place en CHR. Détails dans notre dossier PPWR.
Les modèles de consigne
Le guide de la Ville de Paris pour les commerçants distingue plusieurs modèles, que l'on peut regrouper ainsi :
| Modèle | Fonctionnement | Avantages | Limites |
|---|---|---|---|
| Consigne à la caisse | Le client paie une caution, récupérée en espèces, bon d'achat ou crédit fidélité au retour | Simple, sans technologie | Gestion d'espèces, retour uniquement chez vous |
| Consigne par application | Empreinte bancaire bloquée pendant une durée donnée ; contenant identifié par QR code ou puce | Pas de manipulation d'argent, suivi des retours | Frais de service, adoption de l'appli par le client |
| Abonnement | Forfait mensuel incluant le réapprovisionnement en contenants | Coût prévisible | Engagement dans la durée |
| Location par cycle | L'opérateur facture chaque utilisation du contenant | Pas d'achat de stock | Coût par cycle à comparer au jetable |
Quel montant de consigne ?
Le guide parisien indique qu'il est d'usage de consigner le contenant au prix d'achat neuf, ou au prix que le client perçoit. En pratique :
- un montant trop bas n'incite pas au retour ;
- un montant trop élevé fait renoncer le client à l'option réemployable ;
- un montant rond (1 €, 2 €, 5 €) simplifie la caisse et la communication.
Les acteurs de la consigne en France
Le guide de la Ville de Paris cite plusieurs catégories d'acteurs, dont voici des exemples tels qu'ils y figurent :
- Opérateurs de consigne et de location de contenants : En Boîte le Plat, La Consigne GreenGo, Mapak, Pyxo, Vytal, Noww, O'Éco.
- Prestataires de collecte et de lavage : Aquarys, Esprit Planète, La Lune Rousse, des ESAT, entre autres.
- Fabricants de contenants : verriers, fabricants de vaisselle en plastique réutilisable, en inox ou en mélamine.
Ce marché évolue vite : certains acteurs changent d'offre, de zone ou cessent leur activité. Vérifiez la couverture géographique, les tarifs et la pérennité de l'opérateur avant de vous engager.
Attention : les plateformes de livraison ont mené des expérimentations de réemploi dans le cadre de la charte de la restauration livrée signée en 2021. Avant d'intégrer une consigne à vos commandes en ligne, vérifiez ce que chaque plateforme permet techniquement (option dans l'appli, collecte au retour).
Le lavage : le maillon qui fait tout
L'exigence sanitaire
Le règlement (CE) n° 852/2004 relatif à l'hygiène des denrées alimentaires prévoit que les matériaux de conditionnement et d'emballage réutilisés doivent être faciles à nettoyer et, si nécessaire, à désinfecter. Le lavage des contenants consignés fait donc partie de votre plan de maîtrise sanitaire, au même titre que la vaisselle de salle.
Lavage interne ou externe
| Critère | Lavage interne | Lavage externe (prestataire) |
|---|---|---|
| Équipement | Lave-vaisselle professionnel existant ou dédié | Aucun |
| Coût | Eau, énergie, produits, main-d'œuvre | Prix par contenant, collecte comprise ou non |
| Place | Zone de réception des retours et de stockage propre | Stock tampon réduit |
| Maîtrise | Totale, sous votre responsabilité | Dépend du prestataire (demandez ses procédures) |
Les bonnes pratiques
- Zone de retour séparée : les contenants rapportés sont sales ; ils ne doivent pas croiser les contenants propres ni les denrées.
- Rinçage rapide des résidus avant lavage si les contenants attendent.
- Programme adapté à la matière, selon la notice du fabricant.
- Séchage complet avant empilage : l'humidité résiduelle favorise les développements microbiens.
- Contrôle visuel : retirer les contenants fissurés, rayés en profondeur, déformés ou tachés durablement.
- Stockage propre, fermé ou retourné, à l'abri des poussières. Voir notre guide stocker ses emballages selon l'HACCP.
Quels contenants pour une consigne
Le bon contenant consigné est léger, empilable, résistant aux lavages répétés, avec un couvercle qui ferme bien et une matière adaptée à vos plats.
| Matière | Points forts | Limites | Au catalogue |
|---|---|---|---|
| Polypropylène (PP) | Léger, résistant aux chocs, supporte les lavages | Peut se rayer, se tacher (sauces tomate, curry) | Lunch box en PP, bols et assiettes en PP, gobelets en PP |
| rPET (PET recyclé) | Transparent, met en valeur salades et desserts | Pas pour les plats ou liquides chauds | Boîtes en rPET |
| Inox | Très durable, sans usure visible | Plus lourd, plus cher, pas au micro-ondes | Couverts en métal |
| Mélamine | Rigide, aspect vaisselle | Réservée au service ; ne va pas au micro-ondes | Plateaux, bols (usage sur place) |
Le polypropylène est la matière la plus répandue pour la consigne de plats à emporter. Pour le comprendre en détail, voir la fiche polypropylène (PP). Pour la mélamine, lisez notre article sur les règles d'usage de la mélamine : elle ne va pas au micro-ondes, et la vaisselle en fibre de bambou liée à la mélamine est interdite dans l'UE.
Bon à savoir : la compatibilité micro-ondes et lave-vaisselle dépend de chaque référence, pas seulement de la matière. La fiche technique et la déclaration de conformité alimentaire sont fournies avec le devis.
La rentabilité : un calcul de rotations
Un contenant réutilisable coûte plus cher à l'achat qu'un emballage jetable. Il devient intéressant quand il tourne assez de fois. Les paramètres :
- Prix d'achat du contenant (avec nos prix indicatifs : lunch box en PP à partir de 5,50 € HT l'unité par 1 000, prix confirmé sur devis, hors transport et personnalisation).
- Coût de l'emballage jetable remplacé (par exemple une boîte bagasse à partir de 0,175 € HT au palier de 10 000).
- Coût du lavage par cycle.
- Taux de retour : chaque contenant non rendu est une perte (compensée en partie par la consigne conservée).
- Coût du système : application, abonnement, collecte.
Exemple indicatif : sans coût de lavage, 5,50 € ÷ 0,175 € ≈ 31 rotations pour amortir la lunch box. Avec un lavage à 0,10 € par cycle, il en faut environ 73. Si le lavage par cycle coûte plus cher que le jetable remplacé, le calcul n'est jamais rentable sur le seul poste emballage.
Le guide de la Ville de Paris évoque des économies possibles dès la dixième utilisation, selon ses propres hypothèses de prix. Faites le calcul avec vos chiffres : notre méthode est détaillée dans calculer son budget emballages.
Mettre en place une consigne en six étapes
- Choisir le périmètre : quelques plats phares, pas toute la carte.
- Choisir le modèle : consigne à la caisse si vos clients reviennent souvent, application si vous voulez des retours dans plusieurs points.
- Sélectionner deux ou trois formats de contenants, compatibles avec vos plats et votre lave-vaisselle.
- Dimensionner le stock : environ trois à quatre fois vos ventes quotidiennes en consigne, pour couvrir les contenants chez les clients, en lavage et en stock. Ajustez après un mois.
- Écrire la procédure de réception, lavage, contrôle et stockage, et former l'équipe.
- Communiquer : affichage en caisse, mention sur les plateformes, montant de la consigne clair.
Une consigne fonctionne particulièrement bien pour une clientèle d'habitués : cantines d'entreprise, restauration collective, restaurants de quartier au déjeuner.
Pour équiper votre consigne, consultez notre gamme de vaisselle réutilisable et envoyez vos formats et volumes via le formulaire de devis.
Produits cités dans ce guide

Réutilisable
Lunch box en PP
dès 5,00 € HT

Réutilisable
Boîtes rectangulaires et rondes en rPET
dès 5,00 € HT

Réutilisable
Bols et assiettes en PP
dès 5,00 € HT

Réutilisable
Gobelets en PP
dès 5,00 € HT

Réutilisable
Couverts réutilisables en PP
dès 5,00 € HT

Réutilisable
Couverts en métal (sets + à l'unité)
dès 7,52 € HT
Questions fréquentes
Comment fonctionne une consigne de contenants alimentaires ?
Le client paie un montant de consigne en plus de son plat, ou autorise une empreinte bancaire via une application. Il rapporte ensuite le contenant vide dans le restaurant ou un point de collecte, et récupère sa consigne en argent, en bon d'achat ou par déblocage de l'empreinte. Le contenant est lavé, contrôlé et remis en service.
Quel montant de consigne fixer ?
Le guide de la Ville de Paris pour les commerçants indique qu'il est d'usage de consigner le contenant au prix d'achat neuf, ou au prix que le client perçoit comme juste. Un montant trop bas n'incite pas au retour ; un montant trop élevé freine l'adoption. Avec nos prix indicatifs, une lunch box en PP est à partir de 5,50 € HT l'unité par 1 000.
Suis-je obligé d'accepter le contenant apporté par un client ?
En France, l'article L120-2 du code de la consommation permet à tout consommateur de demander à être servi dans son propre contenant, s'il est visiblement propre et adapté au produit. Vous pouvez refuser un contenant sale ou inadapté. Le client est responsable de l'hygiène et de l'aptitude de son contenant. Le règlement européen PPWR renforce ce droit en vente à emporter à partir de 2027.
Qui lave les contenants consignés ?
Deux options : le lavage interne, dans votre lave-vaisselle professionnel, ou un prestataire qui collecte, lave et redistribue les contenants. Dans les deux cas, le lavage entre dans votre plan de maîtrise sanitaire : programme adapté à la matière, séchage complet, contrôle visuel, stockage propre et retrait des contenants abîmés.
Quelle matière choisir pour des contenants consignés ?
Les matières courantes sont le polypropylène (PP), léger et résistant aux lavages, l'inox et le verre, plus durables mais plus lourds et plus chers. Le rPET convient au froid mais pas aux plats chauds. Vérifiez sur la fiche technique la tenue au lave-vaisselle et la compatibilité micro-ondes de la référence choisie.
Au bout de combien d'utilisations un contenant consigné est-il rentable ?
Il n'y a pas de seuil universel. Le guide de la Ville de Paris évoque des économies possibles dès la dixième utilisation, selon ses hypothèses. Avec nos prix indicatifs, une lunch box en PP à 5,50 € HT remplace une boîte bagasse à 0,175 € HT après environ 31 rotations hors lavage. Intégrez le coût de lavage et les pertes à votre calcul.
Les petits restaurants sont-ils concernés par l'obligation européenne de réemploi ?
L'obligation du règlement PPWR de proposer une option réemployable en vente à emporter, à partir de 2028, ne s'applique pas aux microentreprises. Au sens européen, une microentreprise emploie moins de 10 personnes et réalise un chiffre d'affaires ou un total de bilan annuel n'excédant pas 2 millions d'euros. Les établissements concernés doivent informer les clients de cette option et la proposer à des conditions non moins favorables que l'emballage jetable.
Sources
- Passer aux contenants réemployables : guide d'aide pour les commerçants parisiens — Ville de Paris, consulté le 28/09/2026
- Le réemploi des emballages — ADEME, Observatoire national du réemploi et de la réutilisation, consulté le 28/09/2026
- Décret n° 2022-507 du 8 avril 2022 relatif à la proportion minimale d'emballages réemployés à mettre sur le marché annuellement — Légifrance, 08/04/2022
- Article L120-2 du code de la consommation — Légifrance, consulté le 28/09/2026
- Règlement (UE) 2025/40 du Parlement européen et du Conseil du 19 décembre 2024 relatif aux emballages et aux déchets d'emballages — EUR-Lex (Union européenne), JO UE du 22/01/2025, consulté le 28/09/2026
- PPWR : l'UE harmonise la gestion des emballages professionnels — Citeo Pro, consulté le 28/09/2026
Sources consultées par la rédaction. Les textes réglementaires évoluent : vérifiez la version en vigueur avant toute décision.